
Mesdames et Messieurs les candidats,
Nous constatons que certains candidats à l’élection présidentielle 2012 intègrent à leur programme la légalisation de l’euthanasie. C’est une grave menace pour la vie des citoyens les plus fragiles et pour la société tout entière. Cette menace est d’autant plus insidieuse que le mot euthanasie n’est pas toujours employé, alors que cette euthanasie serait possible pour des personnes qui ne sont même pas en fin de vie ou qui exprimeraient uniquement des « souffrances psychiques » !
Aujourd’hui, nous vous demandons solennellement de vous engager dans un plan de prévention du suicide, d’aide aux personnes dépendantes, de développement des soins palliatifs et de lutte contre l’acharnement thérapeutique excluant explicitement toute pratique euthanasique.
Soigner n’est pas tuer : nous sommes décidés à ne pas voter pour un candidat qui persisterait à présenter l’euthanasie comme solution aux épreuves de la dépendance et de la fin de vie.
Paris, samedi 24 mars 2012 .
En réponse à l’occupation du Cirque d’hiver par des partisans de l’injection létale qui font pression sur les candidats à l’élection présidentielle pour dépénaliser l’euthanasie, Alliance VITA a organisé une scénographie spectaculaire sur l’esplanade des droits de l’homme du Trocadéro.
Fuyant le cirque d’hiver, 700 clowns tristes vêtus de blanc s’y sont réfugiés à midi pour prôner un printemps de la solidarité. Chacun des clowns portait un grand cœur coloré. Signes de vie et d’amour, les cœurs portaient deux inscriptions : « soigner n’est pas tuer » et « solidaires de plus fragiles ». Les clowns tristes ont effectué une chorégraphie tour à tour dramatique et joyeuse symbolisant leur protestation contre l’euthanasie et leur demande d’une société où toute personne soit toujours considérée comme digne, digne d’être soignée, digne d’être aimée.
Au fond de l’esplanade, une grande banderole synthétisait les convictions des participants : Non à l’acharnement thérapeutique – Non à l’euthanasie – Oui aux soins palliatifs.
Le docteur Xavier Mirabel, président d’Alliance VITA et son délégué général, Tugdual Derville, auteur de La Bataille de l’euthanasie (Salvator, 2012), ont pris la parole devant les caméras pour expliciter le sens de cette démarche qui demande à tous les candidats de l’élection présidentielle de soutenir la loi fin de vie votée par consensus en 2005, et de refuser le basculement vers une société de l’euthanasie.
Merci de cliquer sur le lien pour voir la vidéo : http://www.alliancevita.org/action/2012-2/flash-mob-anti-euthanasie-au-parvis-des-droits-de-l%E2%80%99homme/
Marguerite, Danièle, Scarlett, Colette et toutes les autres,
courageuses bénévoles d'accompagnement en soins palliatifs
Pour les bénévoles, accompagner les patients comme elles le font consiste à être le témoin neutre qui peut tout entendre.
Dans une salle du foyer de la Châtaigneraie, à Saint-Saulve, sept femmes discutent.
Comme tous les quinze jours, elles sont réunies pour parler de leur bénévolat, pour comparer, et parfois exorciser un peu. Car ce qu'elles font quatre heures par semaine demande du courage et de l'empathie. Elles sont membres de l'Association valenciennoise pour le développement des soins palliatifs (AVDSP) et officient dans plusieurs centres de soins du Valenciennois. Leur rôle est limpide : « Être à côté, accompagner le patient », décrit la coordinatrice des bénévoles, Scarlett Hollande. Un rôle qui peut paraître simple, mais qui ne l'est jamais. « Nous sommes dans l'humain, la relation, pas dans le soin, développe Marguerite, membre de l'association depuis 12 ans. Nous apportons une écoute à ceux qui sont en difficulté, en détresse. En fait, on les laisse juste parler. » Et parfois, la présence seule suffit à apaiser. Autour de la table, pas une seule nie avoir eu des expériences avec des patients où leur tenir la main était la seule chose à faire. Élisabeth a un jour pris la main d'une patiente sans souffler mot. « Elle m'a dit "Je n'ai pas envie de parler, mais surtout ne partez pas" ». Mais lorsqu'il s'agit de parler, les thèmes que seul un membre extérieur peut entendre sont abordés. « Le patient va parler de la maladie, de la souffrance, de la mort avec nous », soutient Danièle, quadra au sourire pétillant. « Les patients ne vont pas échanger avec les bénévoles comme avec leur famille ou avec le personnel hospitalier. Nous ne sommes ni soignants, ni dans l'affection. » Une neutralité qui permet aux patients de se délivrer de leurs angoisses sans avoir peur du regard de l'autre.
L'association, seize ans au compteur, est forte d'une quinzaine de membres. Mais ce n'est pas encore assez pour tout le travail à accomplir. Au bout de quelques années, « les bénévoles se retrouvent épuisés », se lamente Scarlett, et les démissions sont fréquentes. D'autant plus que pour devenir membre de cette association, il ne suffit pas de cotiser. Des entretiens sont d'abord organisés pour déterminer la motivation mais aussi l'implication. Car mieux vaut ne pas être touché de trop près par le sujet. « On fait ces entretiens pour voir si celui qui se propose n'a pas un passif trop lourd, développe Scarlett. On essaie de déceler la fragilité, la volonté de se guérir en guérissant les autres. » Si le doute subsiste, l'association ne rappelle pas le volontaire. Et même, explique la secrétaire Sylvie Copain, « du temps est laissé à la personne pour se rétracter » après l'entretien. Puis une formation initiale est proposée, sur les soins palliatifs, la gestion de la douleur, de la peur, sur la relation à la mort. Et tous les quinze jours, un groupe de parole se réunit à la Châtaigneraie. Un chemin un peu long pour finalement prendre part aux actions de l'association. Mais, avec toute la complicité du monde, ses membres l'assurent de concert : c'est une expérience d'une richesse humaine rare. « On a gagné lorsqu'on sait qu'on a fait passer un bon moment à la personne », souffle Dominique. Elles y tiennent toutes dur comme fer : elles n'accompagnent pas des personnes vers leur mort, elles les accompagnent dans la vie. « Nous ne sommes pas des "passeurs d'âme" », affirme Danièle. C'est pourquoi l'aide qu'elles proposent n'est pas réservé exclusivement aux patients. Les familles peuvent également bénéficier d'une aide. « On propose de leur expliquer comment accompagner plus légèrement leur proche souffrant. Et on essaye de les aider aussi à se reconstruire », complète Danièle. Tout ça, cette relation avec les patients, leur famille, et même le personnel hospitalier, « on ne peut le vivre qu'intensément », soutient, sourire doux aux lèvres, Élisabeth. • L. DEL
Pour rejoindre l'association ou faire un don, AVDSP. 2/13 rue Percepain, à Valenciennes. Tél : 03 27 25 17 28, www.avdsp.org